Consommer un verre d’alcool en plein Ramadan, en 2025, ne relève plus seulement de la transgression intime. C’est devenu, dans certains pays, un acte scruté, sanctionné, et exposé au grand jour, comme pour rappeler à chacun la frontière infranchissable du sacré. Les textes officiels, relayés par les autorités religieuses, n’ont pas laissé de place au doute : l’alcool reste la ligne rouge absolue pendant le mois sacré. La sanction est immédiate, et les répercussions ne se limitent pas à la seule sphère spirituelle. Plusieurs États du Golfe, via des exemples récents, ont choisi la fermeté. Les contrôles se sont renforcés, les peines sont désormais appliquées sans distinction, y compris pour les étrangers installés sur place. Les récidivistes, eux, savent à quoi s’attendre : l’indulgence n’est plus de mise.
Le Ramadan, un mois à part pour les musulmans
À chaque neuvième mois du calendrier lunaire, le quotidien de millions de croyants change brutalement. Dès l’aube, les routines s’effacent pour laisser place à une discipline rythmée par le jeûne, le « sawm », qui compte parmi les cinq piliers de l’Islam. Bien au-delà de l’abstinence alimentaire, c’est une démarche qui engage le corps autant que l’esprit. Obéir à Dieu, se souvenir de la sobriété, exprimer une solidarité sincère envers les plus fragiles, le Ramadan bouscule l’indifférence pour installer une intensité singulière au fil des jours et des nuits.
Les règles ne laissent aucune ambiguïté. Du lever au coucher du soleil, la nourriture, la boisson, le tabac ou les rapports sexuels sont proscrits. Une entorse n’est pas prise à la légère. Néanmoins, le Coran prévoit des assouplissements pour ceux à la santé fragile, les personnes âgées, les femmes enceintes ou les voyageurs : des adaptations possibles, à compenser dès que les circonstances le permettent. En France, le Ramadan réinterroge sans relâche la place de la laïcité, que ce soit à l’école ou au travail, imposant de revisiter les frontières entre espace public et convictions personnelles.
La nuit du doute, moment attendus, y joue un grand rôle : des milliers de fidèles se rassemblent dans les mosquées, dans les grandes villes comme à Paris, pour guetter le premier croissant de lune. Vient ensuite l’Iftar, cette rupture du jeûne qui prend la forme d’un véritable rendez-vous. Familles ou amis se retrouvent, la convivialité s’invite souvent avant tout, bien au-delà du simple acte rituel.
Qu’est-ce qui est vraiment haram pendant le jeûne ?
On ne bricole pas avec le haram. Pendant le Ramadan, la tradition coranique et les hadiths sont le cadre, sans place pour l’interprétation hasardeuse. Dès les premières lueurs de l’aube, les interdits sont en vigueur, ni nourriture, ni boisson, ni cigarette, ni moment d’intimité. Un seul geste, même furtif, suffit à faire basculer dans la rupture du jeûne, avec tout ce que cela implique ensuite.
La jurisprudence islamique pense au collectif. Les savants précisent : l’ingestion ne se limite pas aux plaisirs, mais concerne aussi la prise de médicaments par voie orale, s’il n’y a pas de nécessité médicale évidente. La question, parfois ténue, entre raisons de santé et simples habitudes, pousse à la vigilance.
Pour s’y retrouver, il existe un socle d’actes qui annulent le jeûne, toujours pointés comme interdits :
- Consommer de la nourriture ou une boisson
- Utiliser du tabac sous n’importe quelle forme
- Avoir des rapports sexuels pendant la journée
- Prendre une substance par la bouche sans justification médicale sérieuse
La distinction entre « halal » et « haram », limpide en arabe, prend pendant le Ramadan un relief particulier. Ces réglementations donnent toute leur épaisseur spirituelle et sociale au mois, même quand les débats sur l’ouverture ou l’exception font surface : les limites restent cruciales dans l’expérience du jeûne.
Entre traditions et questions modernes : les restrictions les plus discutées en 2025
Depuis quelques années, de nouveaux débats animent la communauté sur le haram lié au Ramadan. En 2025, la musique divise comme rarement : certains la déconseillent, arguant qu’elle distrait de la quête spirituelle. D’autres, plus mesurés, notent qu’aucun passage coranique n’interdit clairement la musique durant le jeûne : tout se joue alors sur la lecture, parfois stricte, des hadiths.
L’image, autre sujet sensible, cristallise aussi les discussions. Prendre des selfies ou publier sur les réseaux pendant le Ramadan ? Les avis divergent. Pour un certain nombre de fidèles, la photo en tant que telle ne pose pas problème mais ce sont certains contenus ou contextes qui heurtent la décence. Chez les jeunes, concilier vie spirituelle et culture numérique est un dilemme permanent.
Voici quelques restrictions qui alimentent les débats et suscitent questionnements ou désaccords :
- Musique : pour certains admise, pour d’autres déconseillée
- Images et réseaux sociaux : relevé de la décence, sans consensus net
Le développement des réseaux sociaux, notamment les stories, vidéos et lives, a transformé la manière de partager et de vivre le Ramadan. Ces plateformes redéfinissent les contours de la pratique religieuse : les conférences en mosquée abordent désormais la place du numérique, la discrétion à conserver sur l’espace public digital, et rappellent l’importance de préserver l’intention profonde, loin du regard des autres. La mutation est réelle, mais l’ancrage dans le texte reste le socle de toutes les discussions.
Ressources fiables pour mieux comprendre les pratiques islamiques
Pour naviguer dans la complexité des pratiques musulmanes, s’appuyer sur des sources sérieuses est incontournable, les interprétations peu fiables pullulent sur la toile. Le Coran sert de socle, mais se tourner vers des traductions reconnues, enrichies de commentaires de chercheurs, affine la compréhension.
Les hadiths, qui rapportent les gestes et paroles attribués au Prophète, précisent les règles. Les grands recueils, étudiés par des spécialistes, aident à cerner ce qui relève du haram et de la manière de le vivre, durant le Ramadan comme toute l’année.
Pour mieux s’orienter, voici les ressources à privilégier :
- Sites de référence : des institutions cultuelles et culturelles reconnues proposent des contenus fiables et mis à jour régulièrement.
- Ouvrages scientifiques : les travaux de chercheurs en islamologie offrent des repères solides sur la charia et la pratique quotidienne du jeûne.
Pour saisir les enjeux actuels, des revues spécialisées et conférences universitaires croisent les regards entre droit, sociologie et analyse théologique. Ces ressources permettent de découvrir un Ramadan pluriel, loin des idées reçues et des polémiques rapides.
Plus qu’une simple règle à suivre, l’interdit façonne chaque journée, structure les habitudes et ravive sans cesse la réflexion sur le sens de la foi. Le Ramadan continue de tisser ce lien subtil entre intime et collectif, licite et défendu, forçant chacun à s’interroger sur sa propre manière d’habiter cette période à part.


